Samia Mehadden, doctorante en didactique mathématique : «Le niveau des élèves sera amélioré d’ici deux ans, si… »
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Vendredi 16 Avril 2021
Journal Electronique

Entretien réalisé par Samira Belabed




Mme Samia Mehadden, doctorante en didactique mathématique et présidente de l’Association algérienne pour le développement de l’enseignement des mathématiques et technologies de l’information (ADEMTI) revient dans cet entretien sur la démarche à suivre pour améliorer le niveau des élèves en mathématiques en plaidant pour l’encouragement de toute initiative pouvant porter des solutions concrètes à un problème devenu mondial.     

Le constat fait l’unanimité, la baisse du niveau en mathématiques s’accentue. Pour améliorer le niveau des élèves, vous avez opté pour les méthodes ludiques. Parlez-nous de cette initiative ?   
Le comité scientifique de l’association, composé de chercheurs, d’inspecteurs et d’enseignants a mis en place de nouvelles stratégies pour l’enseignement des mathématiques. Nous avons constaté que l’enseignement de cette matière au primaire et au collège ne peut être facile que par les moyens ludiques. Nous avons ramené des jeux de mathématiques pour faciliter l’apprentissage des fractions. Nous avons constaté que les élèves qui ne comprenaient pratiquement pas avec l’ancienne méthode ont adopté cette méthode ludique et les fractions sont devenues un jeu. L’apprentissage ne propose pas uniquement d’exercer ce jeu, mais il offre des modalités d’exercer ce jeu dans sa classe en définissant les finalités pédagogiques et les objectifs généraux et les méthodes d’évaluations. Actuellement, nous disposons de solutions pour l’apprentissage des maths développées en collaboration avec presque 1.000 adhérents. Durant le mois de janvier dernier, nous avons organisé une session de formation regroupant les enseignants et inspecteurs de 14 wilayas portant sur les méthodes d’évaluation des programmes.  

Où se situe le vrai problème pour l’enseignement de cette matière ?  
Le vrai problème a été détecté. Nous avons constaté que les enseignants ont le bagage nécessaire, mais le problème se pose  dans leur formation continue et de mise à niveau. Au niveau mondial, les enseignants ont le droit à 28 h de formation continue par an au minimum. Donc, la formation continue est le maillon faible de notre système éducatif. Il est vrai que le ministère a donné des instructions pour aller dans ce sens, mais les inspecteurs eux-mêmes ignorent la didactique des mathématiques. Je serais dans quelques mois le premier docteur en didactique des mathématiques en Algérie. En l’absence de spécialistes en didactique mathématiques, il est difficile de savoir quels sont les moyens à mettre en place en prenant en compte les difficultés psychologiques et sémiotiques et épistémologiques pour que le savoir soit transmis dans des conditions acceptables, que ce soit pour l’enseignant ou pour l’élève.  Aujourd’hui, il est important d’aller vers des formations spécialisées puisque l’enseignant, nouvellement recruté, est censé disposer d’un bagage en mathématiques, mais une fois devant les élèves, c’est une réelle catastrophe. Pourquoi ? Parce qu’il n’est pas préparé pour être enseignant, mais formé pour être un universitaire. Il est anormal de recruter un universitaire en mettant sous sa responsabilité une quarantaine d’élèves ou plus sans être formé au moins durant une année comme cela se fait pour les inspecteurs.  Donc, il faut absolument qu’il bénéficie d’une formation pédagogique pour lui permettre d’avoir des outils didactiques d’enseignement.  

Le problème de la surcharge des classes est-il un facteur aggravant de la situation de l’apprentissage ?   
Je pense que lorsqu’on met à la disposition des enseignants tous les moyens didactiques et l’accompagnement épistémologique, la surcharge ne sera pas un facteur dans la baisse du niveau des maths. Je ne suis pas en train de blâmer les enseignants, mais il faut avoir le courage d’affronter tous les problèmes.  

Justement quelles sont les solutions à proposer ?  
Si on veut en finir avec ce problème, il faut que les autorités concernées s’y mettent et encouragent toute démarche censée apporter des solutions réelles et concrètes. La solution est entre nos mains. Si tout le monde s’y met vraiment avec un plan d’action et la création d’équipes de recherche spécialisées pour évaluer les programmes, le niveau des élèves sera amélioré d’ici deux ans. Si on applique les solutions que notre comité scientifique a proposées lors de notre rencontre avec les responsables du secteur au mois août dernier, on aura des résultats encourageant d’ici deux ans et on sera parmi les 30 pays les mieux classés en maths.  

Qu’en est-il de l’utilisation des nouvelles technologies dans l’enseignement des mathématiques ?
Nous avons organisé cinq sessions de formation de quatre jours en 2018 sur l’intégration de nouvelles technologies dans l’enseignement des maths assurées par des formations japonaises, françaises, belges, canadiennes, portugaises. Nous avons offert aux enseignants des calculatrices ultra-modernes, mais un grand nombre d’entre eux et même quelques parents refusent leur utilisation.  Pourtant, c’est un outil de base dans l’apprentissage. Il est temps d’intégrer les nouvelles technologies de l’information et la communication dans l’enseignement et de sortir des méthodes anciennes qui n’ont pas donné de résultats positifs et d’en finir avec ces résistances. Quand on fait appel aux TIC, il faut d’abord définir l’objectif et de savoir, par exemple, à quel moment il faut utiliser la calculatrice.  

Votre initiative est-elle la bienvenue pour le ministère ?  
Lors d’une rencontre avec le SG du ministère, il m’a proposé de signer prochainement une convention-cadre pour qu’on puisse travailler ensemble et de généraliser nos méthodes d’enseignement.  

La participation de l’Algérie aux compétitions internationales est-elle un bon signe ?  
L’Algérie, à travers notre association participera pour la première fois, depuis 31 ans, aux côtés de 98 autres pays dans une compétition internationale,  le 3 avril prochain. Après avoir été sélectionnés, nous avons cherché un appui auprès du ministère, en vain, puisque la participation est payante. Je ne comprends pas pourquoi on refuse de subventionner une compétition en mathématiques tout en sachant que l’Algérie sera le seul pays qui participera au concours en trois langues (arabe, français et anglais). Alors pourquoi prive-t-on l’élève algérien de prendre part à ce genre de manifestation ?   
Si on veut vraiment développer l’enseignement des mathématiques, il faut faire confiance aux initiatives et laisser la place aux spécialistes de cette matière apporter des solutions concrètes. L’initiative de notre association qui existe depuis 2011 a besoin d’être encouragée. Au niveau international, nous avons été classés deuxième en 2016 lors de notre participation à un concours. Personne ne pouvait imaginer que l’Algérie serait mieux classée que la Belgique. Si je vous raconte tout ça, c’est pour dire qu’il est possible de relever le défi.
 S. B.

  • reboisement  barrage Douira
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